Se (re)connecter à son cycle. Pourquoi la symptothermie est l'outil le plus efficace ?
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Le cycle, sais-tu vraiment comment il fonctionne ?
Pendant longtemps, le cycle menstruel a surtout été résumé aux règles. On sait quand elles commencent, parfois on les note dans une application ou jadis, dans un petit carnet. Certaines idées reçues aussi persistent encore, comme celle d’une ovulation qui aurait systématiquement lieu au 14ᵉ jour du cycle.
Revenons donc à la base : le cycle est composé de différentes phases.
Le premier jour des règles marque le début d’un nouveau cycle et de la phase pré-ovulatoire, aussi appelée phase folliculaire. Il faut noter que c’est le premier jour de saignement franc et non de spotting. Durant cette période, plusieurs follicules se développent au niveau des ovaires. À mesure que l’ovulation approche, les œstrogènes augmentent et entraînent notamment des modifications observables de la glaire cervicale et du col de l’utérus.
Vient ensuite l’ovulation, avec la libération d’un ovocyte par l’ovaire.
Après l’ovulation débute la phase post-ovulatoire, appelée phase lutéale. Le follicule ayant libéré l’ovocyte devient le corps jaune et produit notamment de la progestérone. Cette hormone entraîne, entre autres, une légère augmentation de notre température corporelle au repos.
En l’absence de grossesse, le corps jaune régresse, les taux hormonaux chutent et les menstruations marquent le début d’un nouveau cycle.

Et contrairement au fameux modèle du cycle de 28 jours avec une ovulation à J14, ces différentes phases n’ont pas exactement la même durée chez toutes les femmes, ni nécessairement d’un cycle à l’autre.
C’est justement pour cela que l’observation de notre cycle devient intéressante et fascinante !
La symptothermie, qu’est-ce que c’est ?
La symptothermie est une méthode permettant d’identifier les différentes phases du cycle grâce à l’observation, idéalement, quotidienne de plusieurs biomarqueurs de fertilité:
- La température basale associée à
- L’observation de la glaire cervicale ou à
- La palpation du col de l’utérus
Ces biomarqueurs évoluent en lien avec la physiologie hormonale du cycle. La symptothermie nous permet d’observer, de ce fait, ce qui se passe dans notre cycle actuel, en temps réel, plutôt que d’estimer notre fertilité à partir d’un calendrier.
C’est notamment ce qui la différencie des anciennes méthodes calendaires comme Ogino, qui utilisent la durée des cycles précédents pour estimer une période fertile. La symptothermie ne calcule pas une ovulation théorique, elle observe les biomarqueurs du cycle en cours.
Lorsqu’elle est utilisée comme contraception, la symptothermie consiste à repérer nos périodes fertiles et infertiles selon des règles précises. Son efficacité repose notamment sur le double contrôle des biomarqueurs, l’apprentissage avec une conseillère et l’application correcte des règles de la méthode.
Et dans la pratique, comment appliquer la symptothermie ?
Parmi ces biomarqueurs, prenons tout d’abord :
La température basale
Après l’ovulation, la progestérone produite par le corps jaune entraîne une légère augmentation de la température corporelle au repos. Cette évolution permet d’observer sur le cyclographe une courbe biphasique entre la période pré-ovulatoire et la période post-ovulatoire.

Image de Read Your Body ©, partenaire de Cycle & Période
La température nous apporte donc indirectement des informations sur l’activité de la progestérone après l’ovulation et, associée aux autres observations selon les règles de la méthode, nous permet d’identifier rétrospectivement la phase lutéale.
La température se prend au réveil avec un thermomètre à deux décimales.
À la température vient s’ajouter l’observation de la glaire cervicale ou, selon le biomarqueur choisi, la palpation du col de l’utérus.
La glaire cervicale évolue notamment sous l’influence des œstrogènes au cours du cycle. À l’approche de l’ovulation, nous pouvons observer des changements dans son aspect et sa consistance, mais également dans la sensation ressentie à la vulve.
Elle peut progressivement devenir plus transparente, étirable ou filante, parfois comparée à du blanc d’œuf, tandis que la sensation peut devenir plus humide puis glissante. Il faut aussi préciser que chaque femme a son propre profil de glaire, celui présenté est le plus courant.
Ces observations nous permettent de suivre l’évolution de notre fertilité et d’identifier notamment l’entrée dans la fenêtre fertile ainsi que les jours de plus haute fertilité.

Image de Read Your Body ©, partenaire de Cycle & Période
Le col de l’utérus évolue lui aussi au cours du cycle. Sa position, sa consistance et son ouverture se modifient notamment sous l’influence hormonale des œstrogènes. À l’approche de l’ovulation, il tend notamment à devenir plus souple et plus ouvert, avant de revenir vers des caractéristiques moins fertiles après l’ovulation.
Après l’ovulation, la courbe biphasique, croisée avec l’autre biomarqueur choisi et interprétée selon les règles précises de la méthode, permet d’identifier la phase lutéale, c’est-à-dire la phase post-ovulatoire.
C’est ce double contrôle qui constitue l’un des principes fondamentaux de la méthode et participe à sa haute efficacité.
Ces observations sont relativement simples à réaliser au quotidien. Toutefois, leur interprétation repose sur des règles précises. L’apprentissage avec une conseillère permet notamment d’apprendre à reconnaître ses propres biomarqueurs, à interpréter correctement son cyclographe et à gérer les situations où certaines observations sont manquantes ou perturbées.
L’objectif est ensuite de devenir progressivement autonome dans l’observation et l’interprétation de son cycle.
4. Le cyclographe, l’outil allié
Au fil des jours, toutes nos observations sont reportées sur un cyclographe. Celui-ci peut être tenu au format papier ou sur une application dédiée.
Ici, on utilise notamment l’application Read Your Body, partenaire de Cycle & Période. L’application permet d’enregistrer et de visualiser les observations du cycle tout en laissant leur interprétation à l’utilisatrice. C’est un point important en symptothermie : l’application est un outil pour reporter et visualiser nos observations, elle n’interprète pas notre cycle à notre place.
Que l’on choisisse le papier ou une application, le principe reste donc le même : apprendre à observer, appliquer les règles de la méthode et interpréter soi-même son cycle.
Et le cyclographe nous apporte bien plus qu’une simple information sur nos périodes fertiles et infertiles.
Il permet de visualiser l’évolution de nos différents biomarqueurs au fil du cycle et de mettre en perspective l’ensemble de nos observations.
On peut, par exemple, observer l’évolution de la glaire à l’approche de la période de plus haute fertilité, puis voir apparaître quelques jours plus tard une augmentation de la température. En croisant ces deux biomarqueurs selon les règles de la méthode, nous pouvons alors identifier notre entrée dans la phase post-ovulatoire.
Au fil des cycles, le cyclographe devient ainsi une véritable représentation visuelle de notre fonctionnement.
5. Observer son cycle pour mieux comprendre son fonctionnement
Au fil des cycles, certaines tendances propres à chacune peuvent se dessiner.
La durée des différentes phases, l’évolution de la glaire et de la température ou encore la répétition de certaines observations nous donnent des informations précieuses sur le fonctionnement du cycle et peuvent parfois attirer notre attention sur des éléments à explorer davantage.
Le cyclographe ne permet pas, à lui seul, de poser un diagnostic médical. En revanche, il constitue un support particulièrement intéressant lorsque certaines observations nécessitent d’être explorées avec un professionnel de santé.
Repérer n’est pas diagnostiquer. Mais apprendre à observer son cycle, c’est déjà disposer de nombreuses informations sur son propre fonctionnement.
Le concept du cycle menstruel comme signe vital est d’ailleurs utilisé pour souligner l’intérêt que peuvent avoir ses caractéristiques dans l’évaluation de la santé.
Apprendre à connaître son cycle, c’est apprendre à observer son corps, à comprendre son fonctionnement et, au fil des cycles, à reconnaître ce qui nous est propre. Parce que mieux connaître son cycle, c’est aussi mieux se connaître.
À propos de l'autrice
Céline CAMBRAYE est conseillère en symptothermie formée chez EDEN Fertilité. Elle accompagne les femmes qui souhaitent apprendre la méthode et devenir autonomes dans l'interprétation de leur cycle en ligne.
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